Rendez-vous du 30 juin 2007 à Tours

Lettre ouverte de Daniel Cohn-Bendit

"Le 30 juin 2007". Peut-on imaginer que cette date figure un jour parmi les moments phare de l'historiographie des Verts?

Si le climat reste celui de la suspicion généralisée et du perpétuel déphasage, la réponse est "non".

Si, en revanche, les Verts réussissent à renouer avec le principe de réalité pour fonder leur action et élargir leur sphère d'influence, alors oui, on peut l'imaginer.

Paradoxalement, à la monotonie actuelle du paysage politique français correspond un contexte propice à la renaissance de l'écologie politique. La solution politique qui a prévalu à l'issue des scrutins successifs n'en épuise pas le domaine d'application.

L'exemple de la dégradation climatique l'illustre d'ailleurs à merveille. Portée au rang des défis majeurs pour l'humanité, elle a fonctionné comme un catalyseur au niveau des consciences. Les points nodaux de l'écologie politique, bien que partiellement assimilés, sont devenus l'objet d'une appréhension possible pour une vaste majorité de femmes et d'hommes, toutes catégories confondues. Bien que le tissu sociopolitique ne soit encore qu'en partie perméable aux mutations qu'elle présuppose, il n'en demeure pas moins vrai qu'un espace s'est ouvert à elle. Reste à savoir si elle va ou non l'occuper et décrocher "le rôle" sur la scène politique.

Et là, je ne peux m'empêcher de glisser un mot particulier à l'attention des Verts.
De grâce, cessez de vous regarder le nombril!
L'évolution espérée du parti n'a pas eu lieu. En 2000, je tendais la perche avec "La troisième gauche verte". Sans doute n'étiez-vous pas prêts... Dont acte.

On peut bien entendu préférer différer indéfiniment la mutation. Mais si telle est la posture que l'on décide d'adopter, mieux vaut savoir qu'à un moment donné on ne décidera plus du tout pour la simple raison qu'on aura cessé d'exister.

Les Verts sont les acteurs "naturels" de la renaissance de l'écologie politique. Mais, la dynamique a changé: le mouvement les a débordés et pour se développer, il ne peut compter sur le parti en l'état.

L'extension du champ écologiste est devenue une nécessité que les luttes de courants et sectarismes à tout crin entravent. La guerre des clans a fait son temps et conduit les Verts là où ils sont...
J'ose espérer qu'elle ne se résoudra pas dans leur extinction faute d'avoir su rebondir au bon moment.

Le rendez-vous de Tours est, à mes yeux, la première étape de l'ouverture absolument nécessaire du débat. La question n'est donc pas de prendre la place de quelqu'un ou d'en donner une à tout le monde.

Ce débat devra évidemment se poursuivre, notamment aux journées d'été des Verts, pour aboutir, je l'espère en fin d'année ou après les municipales, aux Etats généraux de l'écologie politique dont les modalités seront à inventer.

Pour y arriver, nous avons besoin de tout le monde: Dominique, Cécile, Yves, Alain, Gérard, Noël, Denis..., des signataires de l'appel de Tours, des militants verts...
Mais aussi de tous les autres: ceux qui sont passés par les Verts - près de 20 000 après les élections européennes de '99- pour finalement les quitter, ceux qui militent dans les associations environnementalistes, les ONG des droits de l'homme... Bref toutes celles et ceux que l'extension de l'écologie politique interpelle.

Je voudrais donc pouvoir compter sur votre présence à toutes et tous le 30 juin* prochain pour commencer à inventer une nouvelle écologie politique.
Ce n'est qu'un débat, continuons l'aventure!

TOURS
Halles Centrales - Place Gaston Pailhou
De 10 h à 17h
http://www.ecorefondation.net/