« Le but du traité constitutionnel était d'être lisible, le but de ce traité est d'être illisible ... Même si, dans la pratique, le texte ne sera pas fortement différent de la Constitution".
Topo limpide du Ministre des affaires étrangères belge au lendemain du Conseil.
La réforme institutionnelle redevient possible. L'alternative à la Constitution acceptée par 2/3 des pays européens en préserve les avancées dont la clause de sortie pour les récidivistes...
L'ouverture sous présidence portugaise de la Conférence intergouvernementale chargée du traité de réforme devrait donc, "Dieu soit loué", être approuvée par le parlement européen.
L'âme du projet commun s'est néanmoins égarée. L'esprit européen s'est recroquevillé et le traité destiné à quasiment 500 millions de citoyens sera rédigé derrière les grilles d'une nième Conférence intergouvernementale.
L'épisode inespéré des débats publics de la Convention aboutissant, en 2004, à la signature d'une Constitution par tous les Etats est clos.
Liquidées les prétentions constitutionnelles. La défiance est généralisée et présage une CIG "mouvementée" supposée accoucher d'un texte indéchiffrable acceptable pour tous les Etats.
Autant dire que l'excitation "sarkozyenne", dans la tradition monomaniaque française de s'arroger les victoires, déroute.
Sa simplification a surtout visé le coeur et les ambitions du projet communautaire. Simplifiée également l'aventure d'un Chirac se lançant dans un référendum comme "on" organise un pique-nique dominical: Pas de référendum du tout, question réglée.
Plus indulgent, le président du porte-avion franco-britannique appuie Tony sur la Charte. Tant pis pour la communauté des valeurs! Il omet même d'expliquer que "la concurrence libre et non faussée" empêcherait la distorsion du marché énergétique par EDF au profit des renouvelables et des consommateurs. Du détail!
Article paru dans Le Nouvel Observateur le 5 juin 2007.